Le Conseil Général des Bouches-du-Rhône affirme que « les impacts sur la santé peuvent être qualifiés de faibles puisque aucun seuil réglementaire n’est dépassé ». (Dossier d’Avant-Projet de la solution retenue. Conseil Général 13)
Une telle déclaration revient à dire aux populations riveraines de la RD9 : « Nous allons empoisonner votre air en toute légalité ».
Les études épidémiologiques et toxicologiques récentes ont montré qu’il n’existait pas de niveau de pollution sans danger pour la santé. Le respect des seuils réglementaires de pollution ne garantit absolument pas la préservation de la santé.
Le choix d’un tracé au Sud du bassin du Réaltor pour l’aménagement de la voie rapide RD9 serait la plus mauvaise solution pour l’environnement humain, ce que reconnaît d’ailleurs implicitement le Conseil Général qui déclare « l’intensité et la concentration du trafic attendues pénalisent la variante retenue par sa proximité des zones habitées » et « la densité du futur maillage routier au sud du Réaltor ne favorise pas les phénomènes de dispersion des polluants ». (Dossier d’Avant-Projet de la solution retenue. Conseil Général 13)
En choisissant un tracé proche des habitations, le Département contribue à la ruine de nos santés…
…et il contribue en même temps au déficit de la Sécurité Sociale !
Les deux rapports de l’Afsset ne sont apparemment pas connus des services du Conseil Général : Nous sommes malheureusement obligés de constater que le Département ne fait aucun cas de nos santés !
Le réalisme a manifestement été le principe qui a guidé les institutions européennes dans la négociation d’une directive sur la qualité de l’air qui devait être adoptée le 12 décembre dernier. (Le Monde .12.12.07).
Malgré cela : Nous sommes malheureusement obligés de constater que l’Europe fait preuve du même cynisme !
Des mesures s’imposent donc.
Que fait l’Etat ?
« Nous préférons retarder les échéances » explique un fonctionnaire.
Que dit la Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Ecologie, le 22 novembre 2007 ?
« Les habitants n’avaient pas besoin de venir habiter là ».
Rappelons à ce sujet que lors de la construction des lotissements qui bordent la RD9 (1970-1980) il n’était en rien question d’élargir la route à 2 x 2 voies. Il ne passait sur cette route que 10.000 voitures par jour.
Que dit la Diren ?
« L’enjeu qualité de l’air ne semble pas déterminant dans le choix de la variante d’aménagement » dit François Fouchier Chef de service Patrimoine et Territoires de la Direction Régionale de l’Environnement le 17 juillet 2006.
Que fait le Département ?
En choisissant un tracé Sud, il nous condamne à une pollution aggravée.
Pourquoi le Département persiste-t-il à vouloir faire passer la RD9 au Sud du Bassin du Réaltor, et à ignorer du même coup la possibilité d’inscrire un transport en commun sur rail sur une plate-forme associée à la route à travers le plateau de l’Arbois : un tramway dont le bilan environnemental et l’efficacité seraient durables ?
Après bientôt 20 années de discussions avec le Conseil Général, celui-ci a avancé plusieurs explications successives, qui n’ont pas résisté à un examen approfondi.
Aujourd’hui, nous ne comprenons toujours pas l’entêtement du Département.
Le mauvais exemple
Champlan (Essonne) est un îlot de verdure, situé au bord d’autoroutes, surplombé par des lignes à haute tension…et proche des pistes d’Orly.
Une étude menée sur la pollution à Champlan a mis en évidence une pollution au dioxyde d’azote deux fois plus élevée que la moyenne de l’agglomération parisienne. Les valeurs limites réglementaires sont dépassées à proximité du trafic routier pour le benzène et les particules fines. Pour le dioxyde de carbone elles sont respectées. La route est responsable de l’essentiel de cette pollution. Des capteurs placés sur des volontaires ont permis de mesurer l’exposition individuelle à la pollution.
« Avant, j’allais m’entraîner trois fois par semaine. Maintenant je ne peux pas courir plus de cinq minutes » dit un habitant. (Reportage du Monde 15/12/07)
Pollution et enfants
« Les enfants en bas âge qui habitent à proximité de routes à fort trafic ont un risque accru de développer un asthme ou des infections de la sphère ORL. Ils sont également plus sensibles aux allergènes alimentaires. Les auteurs ont constaté avec un recul de quatre ans la proportion accrue d’asthme, de sifflements bronchiques, d’infections, de rhumes et de grippes. »
« Cette étude met en évidence les effets à long terme de la pollution sur les jeunes enfants et sur les enfants à naître. Elle montre l’urgente nécessité, par delà la régulation des émissions, de séparer les grands axes des lieux d’habitation et de travail » souligne Michael Brauer, de l’université de Colombie britannique.
(Etude publiée dans le Journal européen de pneumologie)
Les particules fines
Les microparticules restent en suspension dans l’air. Nous les respirons et elles pénètrent alors profondément dans les tissus pulmonaires. Elles provoquent : la dégradation de l’ADN de nos cellules, des mutations de l’ADN des spermatozoïdes, la diminution du poids de naissance des nouveaux nés, l’obstruction des artères par inflammation de leur paroi interne, l’augmentation de viscosité du sang, l’inflammation des bronches, l’augmentation des cancers du poumon, l’augmentation des crises d’asthme, l’explosion du nombre d’allergies… (Extraits d’un article de l’Association Santé et Environnement Provence – ASEP)
Les particules sont rejetées principalement par les moteurs diesel, de plus en plus nombreux au fil des années, tendance renforcée encore par la « taxe écologique » instituée lors du Grenelle de l’Environnement.